Franck, musicothérapeute : quand la musique recrée le lien

Chaque lundi, Franck anime « Si on chantait… », un atelier qui transforme profondément le quotidien des duos aidants-aidés de la plateforme Aloess.

La musicothérapie en pratique

Dans la salle de la plateforme d’accompagnement et de répit d’Aloess, les chaises se rapprochent, les visages s’animent et les voix, parfois silencieuses depuis longtemps, se remettent à chanter. C’est l’effet Franck. Musicothérapeute passionné, il intervient chaque semaine dans le cadre de l’atelier « Si on chantait… », ouvert aux aidants et à leurs proches.

Sa musicothérapie à lui est résolument joyeuse, ludique, vivante. « Il faut que les personnes qui viennent à la séance passent un bon moment », résume-t-il. Cette conviction simple est, en réalité, profondément thérapeutique.

« Ce n’est pas moi, c’est la musique. »

— Franck, musicothérapeute

Un intervenant qui fait la différence

Franck le sait : son rôle est de créer les conditions d’un mieux-être réel, ici et maintenant. Sa méthode repose sur une définition claire : « la musicothérapie, c’est établir, maintenir ou rétablir une communication. »

Travailler avec les personnes aidées, tout en incluant pleinement les aidants dans la dynamique de la séance. Il cherche toujours des anecdotes sur les chansons, stimule la mémoire, fait rire. Son atelier est une vraie scène de vie.

Ce que le chant rend possible

La mémoire musicale est l’une des fonctions cognitives les mieux préservées dans les maladies neurodégénératives. Franck l’exploite avec finesse : des personnes qui n’articulent presque plus retrouvent soudainement les paroles d’une chanson apprise cinquante ans plus tôt. Ce n’est pas anecdotique — c’est cliniquement significatif, et profondément émouvant pour les proches présents.

Pour les aidants aussi

L’atelier de Franck se veut inclusif. Aidants et aidés vivent la séance ensemble. Ils le disent eux-mêmes : on repart bien, on en repart léger.

« On est dans autre chose. On ne pense plus qu’à chanter, on ne pense plus qu’à essayer d’être ensemble et de profiter de cet instant-là. »

— Un participant, aidant

Pour les familles épuisées par le quotidien du soin, cet espace de répit actif est précieux. Il ne s’agit pas seulement de souffler — il s’agit de retrouver une complicité, parfois perdue dans la maladie.

Franck, lui, repart chaque semaine avec quelque chose de rare : le sentiment d’avoir été « un petit peu utile ». C’est peu dit, et tout dit.